Depuis ma dernière visite, j’ai certes perdus quelques jours d’existence, irrécupérables (on pourrait par ailleurs s’étendre sur un débat fort peu intéressant : un jour fini est-il un jour de gagné ou un jour de perdu ? Toutefois, nous n’en ferons rien), mais je n’ai pas perdu mes bonnes vieilles habitudes : Rocking-chair, cheminée, robe de chambre écossaise et rubrique
cinéma pour commencer !

En ces journées froides d’automne peu clément, envolons-nous d’un coup de roulette (barre de défilement pour les moins habiles ou les moins équipés) pour le Mexique, avec
Desperado 2, il était une fois au Mexique (Once upon a time in Mexico) de
Robert Rodriguez. Le Desperado vit une existence (presque) solitaire avec Carolina. Jusqu’au jour où, un agent de la CIA le sort de sa retraite afin qu’il empêche l’assassinat du Président du Mexique.
Nous pouvons donc nous poser la question suivante : « Y’a-t-il un Desperado pour sauver le Président ? ». Un film « chaude comme la braise » qui, malgré quelques qualités indéniables sur la forme et un casting très…glamour, comme dirait Voici, peine un peu sur le fond. Il ne faut donc pas aller le voir pour ses qualités scénaristiques, mais pour son ambiance, son image, ses couleurs, sa musique. Et, même si ce Desperado là ne sauve pas le cinéma hollywoodien, il sauve néanmoins le spectateur de l’ennui.

Autre film, autre ambiance, parlons maintenant de
Elephant, Palme d’Or au festival de Cannes 2003. Un film qui nous raconte un jour comme tant d’autres dans la vie de quelques lycéens…enfin, presque.
Un ciel mouvant, des portraits qui s’alignent, des pas qui se croisent, une poignée de mots, Beethoven et le sang. Un film paradoxe, un drame qui ne bouleverse pas comme il le devrait, qui se déroule sans s’expliquer, un massacre lent, élaboré dans l’esthétique et le silence, présenté comme une normalité. Etrange mais passionnant.
Prenons un virage à 1800° avec
Ecole paternelle (Daddy day care). Deux chômeurs qui se retrouvent dans l’obligation de retirer leur fils du centre d’apprentissage de Miss Harridan, décident de créer leur propre garderie pour enfants.
Une comédie qui s’adresse à un public en couche-culotte. Les gags rivalisent de niaiserie et de puérilité, l’histoire et d’une banalité déCONcertante et
Eddie Murphy qui persiste dans le film de genre, film de merde, nous horripilent au moindre mouvement. Le tout n’est pas sans rappeler le chef d’œuvre : Un flic à la maternelle…Eddie serait-il bien parti pour devenir le prochain gouverneur de Californie ?
Continuons dans les comédies pas vraiment transcendantes avec
Tais-toi ! De
Francis Veber. L’histoire n’est pas très compliqué : Ruby a des envies de vengeances, Quentin est simplet, leurs chemins vont se croiser.
Sans surprise, ce film se base sur le principe du duo antagoniste. Certes
Jean Reno et
Gérard Depardieu, à l’aise dans leur rôle, nous offrent quelques scènes amusantes, mais ce genre de comédies tupperware, qu’on réchauffe 30 secondes au micro-ondes avant de les servir au spectateur sur un plateau d’argent, ne trompe personne, il n’y a pas de produit frais !
Une comédie qui se sert donc des ficelles du genre, aussi fines que des câbles de haute tension, et qui ne ravira que les mordus des films à binômes…et encore.

Un petit film d’animation maintenant,
Le chien, le général et les oiseaux. Un général russe a brûlé des oiseux pour enflammer Moscou et sauver son pays, envahit par Napoléon. Maintenant à la retraite, il est hanté par ce souvenir et attaqué chaque jour par les oiseaux de Saint-Petersbourg. Mais un jour, un chien peu ordinaire va bouleverser sa vie.
Un graphisme original, des dessins hésitants, limite enfantin et coloriés avec quelques Crayola. Loin des techniques graphiques de notre époque et des grands studios d’animation, ce dessin animé surprend au premier abord par ce côté non conventionnel. Mais lentement on se rend compte qu’il s’accorde parfaitement avec ce conte poétique, fantastique et qui nous emporte au pays du rêve. A noter pour plus tard : Le parapluie est un très bon animal de compagnie, même les jours ensoleillés.
Quittons les salles obscures avec
American pie 3 (American pie: the wedding). Juste un petit mot pour vous conseiller vivement d’éviter cette comédie cassoulet, bien lourde, bien grasse, pleine de saucisses et qui tombe forcément dans la scatologie.
DVD maintenant avec deux sorties, pas vraiment d’actualité, mais deux sorties quand même.
Tout d’abord
Chicago, avec l’excellente
Renée Zellweger, la talentueuse
Catherine Zeta-Jones et
Richard Gere, l’homme aux petits yeux.
Cette comédie musicale, plusieurs fois récompensée par des statuettes diverses, nous emmène gaiement dans le monde festif et pailleté du milieu carcéral féminin. Une BO très pêchue, des décors soignés et colorés qui prennent place dans une ambiance assez sombre, des acteurs étonnants, une multitude de scènes mémorables. Quand le monde du spectacle rencontre celui de la prison, quand l’imaginaire rejoint la réalité, quand la musique illustre quelques vies, Chicago c’est autant de croisements et beaucoup de plaisirs.

Autre sortie DVD, celle de
Vincent Delerm : Un soir boulevard Voltaire. Le DVD de son spectacle, enregistré un soir, au Bataclan.
Vincent Delerm en concert, c’est du bonheur en barquette ! C’est sobre mais c’est magique. C’est tout un monde de références, d’anecdotes, c’est des histoires de bonnets de bain qu’on met pour le plaisir, de ronds sur les "I", de stylos à encre turquoise, de Puissance 4, de miettes de savanes sur un canapé, d’assiettes qu’on changent pendant les repas, même si elles ne sont vraiment pas sales. Vincent chante nos vies comme si c'était la sienne. On peut mettre une image sur chacune de ses phrases, on peut feuilleter un album de photos avec chacune de ses chansons. Et puis il y a ce piano, le timbre de sa voix, et ce lien particulier qui le lie au public, concerné par la moindre parole. Voilà un homme de scène, un vrai.
Terminons cette semaine avec un peu de
littérature en général et le prix Goncourt 2003 en particulier, qui fête cette année son centenaire. Habituellement annoncé le premier lundi de novembre, il a été attribué avec un peu d’avance. Le lauréat est
Jean-Pierre Amette, avec «
La maîtresse de Brecht ». Un livre qui raconte, en 1948, le retour en Allemagne de Bertold Brecht, un dramaturge anarchiste, exilé pendant la seconde guerre mondiale.
Ainsi s’achève cette semaine culturelle, courrez maintenant vous faire des amis pour partager tout ce savoir, c’est toujours classe de glisser le nom du lauréat du prix Goncourt dans la conversation !